Médaillons de filet mignon, crème au porto et fenouil rôti

Chez mes grands-parents, on ne mangeait jamais de porc…
On mangeait de la saucisse de volaille, du pâté de volaille, des nems à la volaille… Tout à la volaille!

Sauf…. le saucisson!
Le saucisson, chez eux, était du saucisson de cerf, si cher au coeur des Broussards de ma Calédonie. Un truc marron, assez mou, entouré de cire rouge, piquant à souhait! Je l’adorais, en sandwich, trempé dans mon thé de quatre heures… (ben faites pas cette tête, y a pire quand même…)

Je me rappelle de la première fois où j’ai mangé du vrai saucisson pur porc…
C’était à mon arrivée en France: j’étais gelée de la tête au pied, et ce sandwich à la Rosette croqué au coin d’une rue glaciale fut la première d’une longue liste d’expériences heureuses dans ce pays congélateur…

Je suis vite devenue addict au saucisson pur porc… et aux rillettes… et au jambon cru!!

Malgré leur obéissance aux règles et traditions musulmanes, ni mon grand-père ni ma grand-mère n’ont jamais fait la moindre objection face à nos nouvelles habitudes alimentaires de « Français »…
Et je leur en étais tellement reconnaissante, que je ne mangeais jamais de porc devant eux, pas par peur qu’ils désapprouvent, mais par respect envers la tolérance dont ils faisaient preuve.

Aujourd’hui encore, quand je mange du saucisson, je ne peux m’empêcher de me sentir un peu coupable…
Vous avez remarqué comme je n’ai pas utilisé le mot « porc » dans le titre??? « Filet mignon« , on dirait presque que ce n’en est pas!! La culpabilité, je vous dis… 🙂

Voici donc « le filet mignon du pêché« , car il n’est de plus grand pêché que celui que ceux qui vous aiment vous pardonnent d’avance…  (… pfff,  n’importe quoi…)

Médaillons de filet mignon, crème au porto et fenouil rôti.
Pour 4 personnes

– Nettoyer 2 bulbes de fenouil, les couper en fines lanières en ôtant le coeur trop dur.
– Peler une grosse tomate et la couper en dés.
– Disposer les légumes dans un plat allant au four, arroser d’huile d’olive, saler et poivrer.
– Faire cuire à 180° (thermostat 6) pendant environ 1/2 heure, jusqu’à ce que le fenouil soit tendre (il reste tout de même croquant).
– Couper un filet mignon bien nettoyé en médaillons de 2 ou 3 centimètres d’épaisseur.
– Dans une poêle, faire fondre une belle noisette de beurre sur feu vif, et y saisir les médaillons. Arroser les médaillons avec le beurre fondu, les retourner et les faire cuire de façon à ce que les deux faces soient bien dorées.
– Ôter les médaillons du feu, et les réserver dans une assiette couverte.
– Dans le suc de cuisson de la viande, faire revenir 3 cuillères à soupe de confit d’échalottes.
– Déglacer avec 1 petit verre de Porto (environ 15cl).
– Ajouter quelques belles cuillères de crème fraîche épaisse, saler, poivrer.
-Remettre les médaillons dans la sauce, et poursuivre la cuisson pendant 5 à 10 minutes (en fonction de leur épaisseur). La viande est cuite quand elle ne « suinte » plus…
– Dresser: un lit de fenouil, trois médaillons par personne, sauce au porto, une ou deux cuillères de riz (ben oui, le fenouil c’est tellement bon avec un peu de riz…:-D), et un petit brin de persil…

Et voilà!

Malgré la culpabilité, je me suis régalée de ce petit plat: la crème au porto s’allie à merveille avec le goût anisé du fenouil.

J’ai utilisé un confit d’échalottes tout prêt en bocal, mais vous pouvez le faire vous même si vous en avez le temps:
– Couper trois échalottes en fines lanières, les verser dans une casserole avec du sel, une lichette de sucre et une autre de vinaigre.
– Faire cuire le tout à feu très doux pendant une heure, en ajoutant un peu d’eau de temps en temps si nécessaire.

Et voilà!

Je ne mangeais quasiment jamais de fenouil jusque là, prems parce que je n’aime pas trop l’anis et deuze parce que le fenouil, il n’y en a pas en Nouvelle Calédonie… Mais en vieillissant (ben ça, ma bonne dame, c’est que le compteur tourne!!), je commence à carrément adorer ça!
Ca en fait râler deux à la maison… 🙂

À propos de Véro

Maman, maîtresse et cuisinière. Ce blog suit mes aventures culinaires depuis 2006. Bordeaux, Java, Nouméa, tout ça dans ma cuisine ! Cuisine du monde, cuisine de grand-mère, cuisine du coeur... Bienvenue !
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